Mercredi 29 mars 2006
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Supposons que les réserves de pétrole soient inférieures à ce que l’on nous annonce. Supposons que dans 10 ans, le prix du litre d’essence soit de 25 euros le litre. C’est devenu un produit de luxe.
Les industries automobiles sont en crise, car plus personne n’achète de voiture. Les recherches sur les nouveaux carburants ont été lancées à grand renfort de budget, mais un peu tard toutefois. Aucun produit miracle n’a encore été trouvé. L’huile de colza fonctionne, on le sait (déjà aujourd’hui) comme produit de remplacement, c’est moins polluant, c’est moins dangereux, mais même en cultivant du colza sur toute la surface agricole française, on n’arriverait pas à produire suffisamment d’huile de colza (paraît-il). De toute façon les grandes entreprises OGM ont dorénavant la main mise sur tout le marché agricole, et aucun paysan ne peut planter un champs sans leur acheter préalablement les graines. Et c’est l’entreprise OGM qui dicte quelle graine le paysan doit planter dans quel champs.
Les compagnies aériennes, elles aussi, connaissent de grandes difficultés. Du moins, les trois compagnies qui restent. Elles se sont toutes mangées les unes les autres pour faire plus de profit, et pour avoir la main mise sur le prix du billet d’avion. Finalement, les trois compagnies restantes ont fini par se mettre d’accord sur les prix et se consultent régulièrement pour mettre à jour les prix en fonction de la hausse du pétroleLes vols sont inabordables. Les compagnies aériennes ont commencé à construire des avions de plus en plus grands, pour faire voyager plus de monde en même temps, et réduire ainsi les coûts. Un petit peu trop tard tout de même, puisqu’un billet Paris-New York coûte aujourd’hui une année de salaire. . Le personnel n’a plus de billets gratuits, mais le personnel navigant a encore l’occasion unique de voyager autour du globe. Les gens « pétriches » (c’est la nouvelle expression à la mode, déviée de « pétro-riches ») continuent toutefois d’emprunter ce moyen de transport. Mais en faisant le calcul, cela fait tout de même beaucoup moins d’usagers, beaucoup moins de consommateurs pour les compagnies aériennes. Donc, beaucoup moins d’argent. Bien sûr, aucune des trois compagnies n’a engagé de recherches pour remplacer le pétrole. Elles étaient trop occupées à surveiller leurs concurrents.
Effet boomerang sur les agences de voyage, qui sont en grande restructuration. Les parcs à thème connaissent une affluence record, et, proposant des séjours de une à deux semaines, ils sont pleins à craquer durant tout l’été. Le « Tahiti-Parc » connaît le plus grand succès. Sa plage immense reconstituée sous un dôme ensoleillé artificiellement, ses couchers de soleil factices connaissent le plus grand succès.
Les industries pétrolières continuent, elles, à se goinfrer. Le pétrole qui sort des grands puits de forage Elles ont diminué leur extraction pétrolière, pour faire durer plus longtemps les maigres réserves, mais les prix sont tellement exorbitants qu’elles gagnent encore plus d’argent. Pour combien de temps encore ? Peu importe, le tout, c’est de ramasser un maximum.
Les gens utilisent les transports en commun. Le vélo redevient de plus en plus à la mode (c’est déjà le cas, vous avez remarqué ?), en ville comme à la campagne. Il est moins dangereux puisqu’il y a moins de voitures sur les routes. Et puis, l’homme redécouvre la marche. A la campagne, il lui arrive fréquemment de marcher un ou deux kilomètres pour aller prendre le train ou le tramway. En ville, de nombreuses rues, à présent inusitées, deviennent piétonnes, et les gens prennent plaisir à s’y promener. Les allergies diminuent, car les particules rejetées par la combustion du pétrole sont moins nombreuses (cf reportage sur Arte sur les allergies diffusé le 28 mars 2006). Les gens respirent mieux. Ils sont en meilleure santé. Ils ne s’énervent plus au volant, et ils arrivent au boulot plus détendus. Qui sait, ils sont peut-être plus heureux ?
Zut, j’ai oublié la voiture électrique…
© Mathilde
